
Nous roulons de nouveau vers Grand Canyon pour en suivre la partie Est sur la US 64.
Au milieu de la forêt qui entoure les abîmes du Colorado, me vient une idée saugrenue. S'il continue à éroder le fond de la vallée ainsi, il pourrait atteindre le centre de la Terre.....

Avant d'en arriver là, la domestication de l'impétueux fleuve a créé de multiples palabres entre hommes politiques de tous bords et fait des dégâts considérables en écologie. Le contrat signé jadis perturbe aujourd'hui tout son estuaire au Mexique.
Sous le coup de l'émotion nous n'y pensons pas mais le fleuve en quelques millions d'années a fait des sculptures extraordinaires.
Lui et ses ruisseaux adjoints ont créé une faille de 450 Km de longueur, 20 km de largeur alors qu'il ne mesure aujourd'hui que 91m de large. Le vent, la pluie , le froid et la chaleur l'aident à lustrer ses premières ébauches.
Nous découvrons ainsi des strates de toutes les couleurs, sur les 60 km que nous avons parcourus les points de vue changent. Les plantes s'accrochent au murailles, les falaises ont créé des microclimats qui permettent aux résineux de vivre et à la vigne de prospérer.
Chaque étape du parc est un moyen pour les Rangers qui surveillent et entretiennent l'immense domaine de nous rappeler à nos devoirs d'écologie.
Pourtant derrière nous, depuis hier la forêt brûle.
Hier nous n'avions pas vu les oiseaux, dans nos marches d'approche ce matin ils nous ont parlé sur le passage.
Puis pour mieux se faire comprendre, ils ont aussi faits les beaux dans un ballet vertigineux.
Ce matin les magnifiques vues ont une saveur plus sereine. Nos yeux écarquillés toujours à chaque détour de chemin, mais pour savourer le moment présent. Nous sentons le battre le cœur de la Nature et la Nature est dans notre cœur. En marchant, je repense à Eckart Tolle ou Russel Targ lus dernièrement et qui ont une foi immense en la vie éternelle. Je les remercie de m'avoir éclairé pour me donner un espoir sans fin et de vivre ce moment avec toute ma conscience.
Présent parmi les gens que l'on rencontre (étonnamment beaucoup de français) à chaque photo c'est la même chose: jeune ou plus âgé, personne n'est blasé. Le sourire affiché ne disparait pas après le cliché. Chacun paraît heureux d'être touché par la grâce de la Nature déployée sous nos yeux.
Après DESERT VIEW, une dernière prise de vue pour la route. Nous quittons le parc, la tête pleine d'images avec le sentiment d'avoir vécu un grand moment. On a laissé une part de nous dans l'abîme mais nous en ressortons plus forts.

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