Nota: Dans ce document il y a peu de photos des joueurs. Le règlement PGA interdit de prendre des images. Françoise et moi-même nous sommes fait réprimander par les commissaires à plusieurs reprises. Vous aurez seulement quelques photos volées...
| Vue de l'hôpital de Summerlin pour qui les Shriners*** récoltent des fonds via le tournoi de golf |
Un tournoi de golf de ce niveau permet de mieux se rendre compte le la dure vie des golfeurs professionnels. Je trouve ce terme très souvent galvaudé quand il s'agit des sportifs alors que pour nous ce n'est qu'un jeu.
Les voir sur un tournoi durant 4 jours permet de mieux comprendre leur métier, car en y passant seulement une journée, on prend moins la mesure de l'évènement et de la somme d'efforts qu'ils doivent déployer, pour gagner leur vie.
Le parcours du TPC SUMMERLIN est taillé pour offrir un beau spectacle. Il est modulable selon le bon vouloir du staff du tournoi. Le tracé offre des changements de rythmes cassants avec des trous très longs et d'autres très courts. Il oblige un choix stratégique à chaque tour et à chaque joueur.
En clair il provoque la faute des plus attaquants et met leur mental à l'épreuve.
7267 yards, vitesse de greens de 11 pieds sont les standards PGA. Ici les positions de drapeaux demandent un jeu de fer très affûté et l'attaque directe du drapeau n'est jamais recommandée sans bonne réflexion préalable.
| Green du 9 |
Pour le premier jours j'ai choisi de suivre Vijay SING et Padraig HARRINGTON, ils jouent avec Kevin STREELMAN. Départ 12H40. Il fait chaud....
SINGH était au putting green à 9H30. Une heure de séries variées sous le contrôle de son caddie, puis une heure de travail du swing en faisant des "drills" avec ses baguettes avant de se présenter au départ.
Tout ce travail va payer en fin de partie où grâce à un putting efficace, il va jouer -4, peu satisfait de son swing, nous le retrouverons au practice après sa partie. Une bonne journée de 8 heures......
HARRINGTON je l'ai vu jouer en Europe au moment de ses grands résultats. Toujours facilement reconnaissable à sa dégaine unique, il a perdu son aura. Il est moins lumineux, le voyant au putting green en difficulté, il m'a paru terne , sans joie. Pendant la partie, son driving a été efficace mais son jeu de fer moyen. Ses attaques de drapeau en berne en quelque sorte. -1 tout de même, respectable pour un premier jour difficile.
| De dos en vert Finau, il sera spectaculaire sur le tournoi |
STREELMAN, jeune américain, choyé par maman, papa et Madame pourrait représenter le joueur américain type. Diplômé de l'université, courageux et travailleur. On a vite repéré la famille car il a enquillé un bon 8 mètres au premier trou, faisant rugir de plaisir toute sa petite famille. Le reste des trous dans le par, il est -1.
| D.A. POINT travaille.... |
Voir les joueurs sur la longueur permet de constater leurs erreurs. Le premier jour, elles ont été plus nombreuses car malgré l'aide de leurs cadets, les joueurs ont de nouveau besoin de se familiariser avec le parcours. Ils sortent d'un tournoi ou rentrent d'une coupure, il faut se réadapter.... comme au boulot.
Au passage on a croisé KOEPKA, bel athlète qui ferait un très beau troisième ligne au rugby. Sur un court par 4, alors que les deux autres ont joué un bois de parcours pour se placer, il prend le drive pour passer au-dessus des arbres. Excellent coup à 10m du drapeau (341yards). A l'approche, il gratte..... j'ai souvent constaté cela chez les grands frappeurs, avec regret. Bon, il va rectifier sur la durée du tournoi.
Stuart CINK qui rentrait de vacances a claqué le premier jour -7. Bon joueur connu, je veux le voir de plus près. Simpson, le défenseur du titre joue dans une équipe qui le précède. CINK manifestement n'est pas réveillé pour son départ de midi. Au 2, il rate 2 sorties de bunker et un putt facile: +3, comme un vulgaire débutant! Comme nous quoi, un amateur. Bogey de nouveau au trou suivant. Il passera le cut.
| Green du 18 |
SIMPSON est un bon joueur et le parcours semble lui convenir de nouveau et il joue -8, ce ne sera pas le meilleur score. Deux joueurs pointeront -9, après avoir frisé le record du parcours....
SINGH a alterné le moins bon et le bien pour sortir dans le par. Mais à un moment de la journée, il n'était pas dans le cut.
HARRINGTON a trainé sa peine mais pour mieux que la veille: -2.
STREELMAN et KOEPKA montent en charge, devant SVOBODA, KNOX et PUTNAM se tirent la bourre. "Mouving day". Le samedi, le cut a donné son verdict, tout peut changer. Chacun a son weekend occupé et veut faire tout pour bien gagner sa vie.
"Gagner sa vie" prend tout son sens quand on voit l'application qu'ils mettent pour préparer un putt de 30 cm. Un pied c'est rien pour eux , il semble que ce soit tout. Ce qui est impressionnant c'est que tous font pareil, ceux qui sont devant pour la gagne comme les sans grade du jour.
HARRINGTON toujours dans le dur, GOOSEN, TIM CLARK...... rude constat.
Les voyant faire ainsi, certains peuvent penser qu'une vie de bureau ou à l'usine peut être une vraie joie......
Samedi a été efficace de nouveau pour SVOBODA et KNOX, mais c'est WALKER qui avec MARTIN écrasent tout avec un joli 62 final. SIMPSON n'est pas loin et STREELMAN continue sa charge (63). KOEPKA est au contact.
Dimanche. Si hier le temps était chagrin, 3 gouttes de pluie exactement, pas une de plus dans ce désert, ce matin grand beau temps lumineux pour un jour de gloire.
J'ai été content de voir du bon CESKA. Râblé , râleur toujours en mouvement, il finira 18ème: environ 68000 dollars de gain.
Souvent remarqué, les joueurs qui ont fait un gros score sont à la peine le lendemain. Aujourd'hui c'est Walker qui déjoue d'entrée et se met hors de combat. En début de partie MARTIN rentre un birdie et semble dire à tous: venez me chercher!!!
Pendant qu'il s'endort les autres chassent, STREELMAN et SIMPSON en particulier.
A une heure du final, au leaderbord nous avons trois joueurs en tête , MARTIN qui s'est réveillé de sa sieste, SIMPSON qui s'accroche et STREELMAN qui y croit très fort et se bat courageusement: Birdie 16, birdie 17 sous les encouragements de la famille plus les amis cette fois , STREELMAN s'engage sur le 18.
Au moment même où à la télévision, en direct, on le voit rater son 3ème birdie de suite, MARTIN enquille 7 mètres en descente pour eagle. La messe est dite. Grand seigneur BEN MARTIN rentre un dernier birdie au 18 pour une semaine bien gagnée: un peu plus d'un million de dollars.
Le tournoi est terminé, mais je suis ravi, j'ai compris pourquoi ils sont là et ce qu'ils montrent peut faire notre admiration. Les anciens ont le respect, il faut juste voir les armoiries et les vitrines du Club House où Howard Hugues a laissé quelques reliques.
J'ai apprécié de voir les jeunes joueurs s'approcher de SINGH et HARRINGTON avec un grand respect.
Dans ce monde de compétition dure, c'est bien de constater que le travail accompli et source de reconnaissance.
Ce qui me restera, c'est le sérieux de chacun des joueurs: ils travaillent et le font bien.
C'est dur pour eux physiquement et surement mentalement quand les résultats ne suivent pas, comme pour un tâcheron de chez APPLE ou de France Telecom.
Leur parcours annuel est monstrueux. Ils n'ont pas un moment de répit. Dans leur travail artisanal, les parcours sont extrêmement exigeants pour les nerfs, surtout une fois la balle arrivée sur le green. Ces derniers roulent vraiment, tout moment d'inattention est payé cash. Un coup en plus, c'est beaucoup d'argent en moins. Toujours l'argent.......Ne pas rater ou perdre le moins de coups possible est une quête plus que difficile.
Dans le jeu des professionnels vus ici, ce qui domine c'est la patience. Ils jouent des heures et ratent, nous ça nous énerve mais eux n'ont pas ce droit. C'est remarquable de voir jouer SINGH et CINK sur cette semaine. Avec des hauts et des bas dans leur jeu, ils ont assuré leurs charges.
Sortant d'une semaine de cours avec MICHAEL, j'étais intéressé de détailler des swings. Ils développent tous une puissance énorme pour jouer leurs 7300 yards. Pas d'économie, certains feront de vilains vieux, je pense.

Pendant que j'écris, ils sont dans l'avion car demain il y a reconnaissance du prochain tournoi. Il y a décalage horaire pour les golfeurs: ils sont déjà dans leur course de 2015. Ce jeu est impitoyable, mais la terre n'arrête pas de tourner.
Les golfeurs américains n'ont pas gagné la RYDER CUP cette année encore mais il vaudrait mieux ne pas les chambrer. Quand on les voit ici, avec cette organisation bon enfant mais efficace, ils sont bien chez eux. Ils ne semblent pas avoir ce sens de la fête, qui fait qu'un plongeon forcé de THOMAS LEVET dans l'eau du 18 de l'ALBATROS au NATIONAL va le priver de jeu pendant des semaines. Ils sont sérieux, bien coiffés, propres sur eux, sans grain de folie. Juste la bise de Madame pour la photo, non pour le cliché.
Je pense qu'avec la polémique soulevée ici par le mauvais capitanat de TOM WATSON, stigmatisé dans toute la presse , les joueurs européens ont intérêt à trouver un chef de guerre à la hauteur pour venir à CHASKA en 2016.
***LES SHRINERS: ( Ordre arabe ancien des nobles du sanctuaire mystique) Société nord-américaine fondée en 1870 qui touche à la franc maçonnerie et se charge d'actions caritatives importantes. Il y a environ 400000 membres dans 193 temples en Amérique du Nord. L'ordre finance 22 hôpitaux Shriners dont un au Mexique pour les enfants sans aucune condition d'admission, si ce n'est d'avoir moins de 18 ans.


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